Bienvenue à Schmuttland

Schmuttland : pour une utopie durable. Photo : Robin Pineda Gould

Schmuttland : pour une utopie durable. Photo : Robin Pineda Gould

Dans le cadre de Québec Danse, les Sœurs Schmutt présentent « Schmuttland : pour une utopie durable », une performance d’anticipation déjantée au Café-bistro aRRêt dE bUS dans Hochelaga Maisonneuve. Si Schmuttland était un Oreo, le chocolat serait une expérience très festive et le crémage serait une critique sociale succulente. Mais vous pouvez vous arrêter au chocolat. Demain, c’est la dernière. Pourquoi vous devez absolument y aller en 10 raisons.

1. On y mange, on y boit, on s’amuse, on rit, on participe. Ce n’est pas un spectacle, c’est une fête.

2. Le concept de la soirée, c’est un cabaret dînatoire. Vous pouvez juste grignoter ou prendre un des deux repas -délicieux soit dit en passant, non Dance from the Mat ne fait pas encore dans la critique culinaire – le rouge ou le vert.

3. À l’entrée, le stagiaire douanier vous souhaite la bienvenue, vous remet une trousse d’immigration et vous emmène vous faire photographier sous le décor de votre choix.

4. La Ministre de l’intérieur et des belles jambes – ce soir, Anne-Flore de Rochambeau et Gabrielle Surprenant Lacasse – qui parle un drôle de dialecte où les mots sont des mouvements de ses fameuses jambes, vous guide jusqu’à votre table.

5. On fait connaissance avec ses voisins qu’on peut même emmener pour une jasette sous la tente formée par la jupe à cerceaux de Marine Rixhon, une Schmutta (citoyenne de Schmuttland, masculin Schmutto).

6. Le spectacle a lieu tout au long de la soirée, à travers des mini-performances et des expériences immersives proposées au spectateur qui se font de manière organique pendant le souper. Il y a de la danse contemporaine, de la vidéo, de la musique, du théâtre qui se télescopent joyeusement. La gestuelle est originale et décalée, portée par des interprètes talentueuses, qui se prennent au sérieux juste ce qu’il faut.

7. Schmuttland a une langue spéciale et un hymne national chorégraphié que vous pouvez apprendre et pratiquer.

Schmuttland : pour une utopie durable. Photo : Robin Pineda Gould

Schmuttland : pour une utopie durable. Photo : Robin Pineda Gould

8. Claudia Chan Tak est géniale et très convaincante en Ministre de la Défense de Schmuttland, tout droit sortie du film Kill Bill avec une pincée de House of Flying Daggers. Mention spéciale pour son combat contre Chuck Norris. Faudrait pas que Tarantino vienne nous la piquer.

9. Les sœurs Schmutt portant des masques à gaz dansent un slow debout sur la table à côté des convives.

Schmuttland : pour une utopie durable. Photo : Robin Pineda Gould

Schmuttland : pour une utopie durable. Photo : Robin Pineda Gould

10. On peut passer une excellente soirée, les papilles et les mirettes heureuses. Et on peut aussi aller plus loin si on le souhaite. Schmuttland est un show futuriste, avec une atmosphère cabaret des horreurs* rappelant l’imaginaire du film la Cité des enfants perdus ou encore celui de la photographe Diane Arbus, une Diane Arbus version Technicolor au pays des bisounours. Mais l’univers qu’imaginent les Sœurs Schmutt avec leurs comparses est loin d’être tout rose. Au contraire, on y détecte des relents d’oppression. Les sœurs Schmutt en sont les impératrices, le bâtiment national est façonné à leur effigie et pendant la présentation de la maquette, elles nous en énumèrent sur un ton réjoui les avantages : chambre de méditation, sauna, chambre de torture… Le pays utopique a un ministère de la propagande et pour en apprendre la langue, on a le choix entre la lobotomie, le lavage de cerveau ou la greffe de tresse. Tout cela nous est présenté de manière très divertissante, l’air de ne pas y toucher. Un peu comme dans 1984 de George Orwell. Les Sœurs Schmutt semblent non seulement remettre en question le système d’immigration en vigueur dans certains pays, dont le Canada, mais aussi faire une critique de nos sociétés de plus en plus aliénantes, aliénantes par les systèmes politico-sécuritaires et aliénantes en raison de nos choix de vie, de travail, de communication… Et toute cette aliénation, nous l’acceptons trop facilement, trop allégrement, semble être le propos du show. Les deux sœurs jumelles remettent également en question l’importance que se donnent les artistes, notamment les chorégraphes, ainsi que leur rapport au public et à leurs collaborateurs, dans une « parodie d’elles-mêmes et de leurs tendances chorégraphiques », selon la dramaturge et spécialiste en danse contemporaine Katya Montaignac. Une performance truculente, interdisciplinaire, délicieusement lucide et absurde, où on ne sait pas où donner de la tête et où ne s’ennuie pas une nano-seconde. Bon voyage, attachez vos ceintures.

• Selon un spectateur, Fabien Durieux.

Schmuttland : pour une utopie durable

Créé et interprété par les Soeurs Schmutt, Claudia Chan Tak, Gabrielle Surprenant Lacasse et Robin Pineda Gould,

Artistes invités : Frédéric Gagnon, Jo-Annie Major Marine Rixhon, Franck Marchenay et Anne-Flore de Rochambeau

Photographe invitée à exposer pendant le spectacle : Katia Gosselin

Dernière : 27 avril à partir de 19h30
Appeler pour réserver : 514 521 6111
Le Café-bistro aRRêt dE bUS
4731 rue Sainte-Catherine Est
24-27 avril 19h30
Contribution volontaire pour le spectacle

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Nuit Blanche : danser jusqu’au bout de la nuit

Le Bal Moderne de la 2ème Porte à Gauche. La philo-danse est à l'honneur cette année, à la Grande Bibliothèque.

Le Bal Moderne de la 2ème Porte à Gauche. La philo-danse est à l’honneur cette année, à la Grande Bibliothèque.

Le samedi 2 mars, aura lieu la Nuit Blanche, organisée dans le cadre des festivités de Montréal en lumière. Au programme, une pléthore d’activités de tous genres à travers la ville. Nuit Blanche sera dansante ou ne sera pas.

Pour les afficionados de danse contemporaine, je vous livre quelques suggestions (liste nullement exhaustive) :

• Investissant l’espace Hegel de la Grande Bibliothèque et animé par un philosophe en chair et en os, le Bal Moderne de la 2ème Porte à gauche conjugue philosophie et danse, mouvement et pensée. Dans ce bal festif, plusieurs chorégraphes – Katie Ward, Raphaëlle Perreault, Emmalie Ruest et Milan Gervais – vous proposeront d’apprendre des phrases dansées simples, inspirées pour l’occasion de Rancière, Foucault, Deleuze et Merleau-Ponty. Le bal est pour tous et toutes, nul besoin d’être un danseur averti. Les débutants sont plus que bienvenus. Et après, vous pourrez vous trémousser librement au son des platines d’un DJ.

• Au Monument National, les Sœurs Schmutt seront à l’affiche dans le cadre du Cabaret de la Nuit, avec la Fanfare Pourpour et d’autres artistes. Les Sœurs Schmutt sont deux sœurs jumelles chorégraphes qui créent des pièces oniriques et immersives. Et, à minuit pile, elles nous promettent une surprise.

• Au Main Line Theater, en collaboration avec Art Matters, est annoncée une soirée de performances. Le collectif d’artistes Body Slam sera de la partie, donnant à voir une exploration de la nature humaine à travers la danse contemporaine, le breakdance, la musique, la poésie, etc.

• À l’Agora de la Danse, se tiendra le Tournoi Nocturne des Imprudanses, à l’occasion duquel cinq équipes de danseurs se lanceront dans des joutes d’improvisation.

• Au Studio 303, ce sera le coup d’envoi du festival Edgy Women avec All Nuit Long, une nuit bien arrosée de projections de vidéos sur les clichés du monde de la performance sportive. Un photomaton interactif avec costumes et décors, si vous avez envie de vous métamorphoser et d’explorer davantage les liens entre le genre et le sport, le thème du festival cette année.

• À la Place des Arts, à minuit, il y aura le Dance Floor, un show de danse contemporaine et d’acrobatie, avec O Vertigo, Blu Print Cru la compagnie de hip hop, Héloïse Bourgeois, un extrait de « Ne meurs pas tout de suite, on nous regarde » de Manu Roque et Ian Yaworski qui réinvente et urbanise la gigue.

Il n’y a pas à dire, c’est beau une ville qui danse la nuit.