Danse Toujours, take 2!

Cet été, deux aficionadas de danse contemporaine, Anne Bertrand et Judith Sribnai, avait organisé un stage de deux semaines pour danseurs adultes non avertis (aucune expérience prérequise) avec classes techniques, improvisation, création… Le stage Danse Toujours a été un grand succès et les deux comparses remettent ça, avec les enseignantes Erin Flynn, Audrée Juteau et Emily Honegger, pendant deux fins de semaine en octobre. http://dansetoujours.ca/

6 et 7 octobre ; 13 et 14 octobre à Circuit Est

Horaires : de 9h à 16h

9h-10h : Pilates

10h-11h30 : Classe technique

12h30-13h45 : Impro

13h45-15h : Chorégraphie

15- 16H : Yoga

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Entrez dans la danse contemporaine ! Atelier estival à Montréal recherche toutes personnes aimant danser

Judith Sribnai et Anne Bertrand, créatrices de Danse Toujours. Photo : Nayla Naoufal.

Oyez, oyez, Montréalais, Montréalaises! Si vous aimez danser sans en faire votre gagne-pain, si vous avez toujours rêvé de profiter de l’été pour danser quelques heures par jours pendant plusieurs jours d’affilée, si vous mourez d’envie d’essayer la danse contemporaine sans oser vous lancer, alors l’atelier Danse Toujours, organisé par Anne Bertrand et Judith Sribnai, est pour vous.

Éprises de danse depuis deux ans, Anne Bertrand et Judith Sribnai se sont liées à force de fréquenter les studios de l’École de danse Louise Lapierre à Montréal : « Au début, nous étions Anne de la danse et Judith de la danse, et au bout d’un moment, nous avons laissé tomber la particule!». Progressivement, Anne et Judith ont eu envie de danser davantage : « On voulait danser plus, danser tous les jours. On voulait danser assez pour pouvoir ressentir nos progrès et pour savourer le plaisir du mouvement», explique Anne. « On voulait s’engager dans la danse, sans être professionnelles mais sans non plus être dilettantes » ajoute Judith.

Peu nombreux, les cours de danse du soir pour amateurs sont trop courts pour approfondir les apprentissages et passer à l’étape tant attendue de la phrase chorégraphique où on lâche prise à l’égard de la « justesse » des mouvements et de la mémoire : « On souhaitait avoir plus d’espace pour ce moment où on danse réellement et on ne pense plus au mouvement, où c’est le corps qui se souvient  tout seul. Cet espace est rare dans des sessions courtes de cours de 1h30 » (Judith).

Judith et Anne se sont alors mises en quête de stages intensifs de danse contemporaine pour danseurs amateurs et adultes pendant l’été. À leur grand dam, de tels stages ne sont pas proposés à Montréal, où seuls existent des programmes pour danseurs professionnels ou en devenir, assujettis à des bourses. Qu’à cela ne tienne, Anne et Judith, ont décidé de créer elles-mêmes le stage de danse contemporaine qu’elles rêvent de faire.

Danse Toujours s’adresse à des adultes qui n’ont pas ou peu d’expérience en danse. Si vous êtes donc grand débutant, ce stage sera le parfait cadre pour une immersion en douceur dans la danse contemporaine. Les cours techniques seront d’ailleurs assurés par deux professeurs, l’une donnant le cours et l’autre faisant des corrections individuelles : « L’idée, c’est d’être très inclusif, d’aller contre le cloisonnement entre ceux qui savent et ceux qui ne savent pas, qu’on trouve aujourd’hui dans toutes les pratiques artistiques et autres » (Anne).

Danse Toujours est un projet autogéré et à but non lucratif, qui est financé par l’ensemble des participants. Cette initiative contribuera d’ailleurs au développement d’un réseau de personnes qui veulent danser à Montréal, sans être des professionnels en la matière.

Cependant, le stage créé par Judith et Anne ne propose pas que de la danse contemporaine, loin de là : des cours de yoga et pilates (combinant les deux approches) sont proposés pour préparer le corps au mouvement et pour les personnes qui veulent se cantonner à cette pratique. Quant à ceux qui veulent aller plus loin, ils pourront prendre des cours d’improvisation en danse et de création chorégraphique, à condition qu’il y ait un engagement de cinq jours consécutifs, pour pouvoir travailler dans la continuité. Un spectacle de clôture aura lieu à la fin du stage, pour célébrer la dynamique collective d’apprentissage et présenter aux proches et aux curieux le travail chorégraphique, d’autant plus que « la scène fait partie de l’apprentissage ». Diverses formules de participation existent, selon votre emploi de temps et vos envies. Il y aura également une possibilité de prendre un cours à la carte.

Anne et Judith explique qu’elles ont eu un grand plaisir à penser et à mettre en place leur projet : « C’est un grand apprentissage pour nous de monter Danse Toujours. Nous sommes en pleine découverte et constamment émerveillées. Les trois professeures qui vont assurer l’enseignement sont magnifiques. » (Anne).

Ces trois professeures, Audrée Juteau, Emily Honegger et Erin Flynn ont des styles d’enseignement propres à chacune d’entre elles, diversifiés et complémentaires : Audrey Juteau s’inspire de la technique release, de l’improvisation contact et de la capoeira. Son approche est basée sur l’enracinement dans le sol et la recherche du moindre effort dans le mouvement. Emily Honegger est influencée par la fusion des styles urbains et contemporains, intégrant le hip hop, le freestyle, le breakdance et les arts martiaux.  Son enseignement met l’emphase sur la conscience corporelle et la gestion du poids dans le momentum  pour développer l’amplitude et l’enracinement dans le sol sur une musique hip hop et funk. Pour sa part, Erin Flynn enseigne un cours technique conçu comme une préparation à la création. Elle fait appel à un travail au sol, incorporant des éléments provenant du yoga et des techniques Pilates et Bartenieff, suivi d’exercices debout qui travaillent l’équilibre, les tours et les sauts. Les phrases chorégraphiques permettent de mettre à profil et de connecter les apprentissages techniques réalisés, tout en travaillant la musicalité et la fluidité.

Respectivement en maîtrise de linguistique et en post-doctorat de littérature, Anne et Judith soulignent l’importance de la conscience du corps et du mouvement alors que les personnes deviennent de plus en plus sédentaires et individualistes. Judith explique que « la danse est l’une des rares pratiques où chacun peut se développer en faisant quelque chose avec les autres. » En outre, Anne et Judith apprécient beaucoup dans la danse contemporaine le fait « qu’elle respecte le corps dans ses forces et dans ses faiblesses, comme il devrait être utilisé ». Pour les deux jeunes femmes, la danse permet aussi de développer une autre dimension, qui n’est pas sollicitée dans les activités de recherche, comme le souligne Judith : « Je suis restée assise très longtemps. Maintenant, je donne des cours debout. La danse m’aide à trouver une place dans mon corps, elle permet de se réconcilier avec soi.  C’est une pratique très libératrice».

Danse Toujours, stage de danse contemporaine, pour débutants et intermédiaires du 30 juillet au 3 août de 10h à 15h – du 6 août au 10 août de 9h à 15h. Studio Fleur d’asphalte situé au 6847 St-Hubert, entre St-Zotique et Bélanger (métro Beaubien et Jean-Talon). Pour plus de détails, consulter le blogue Danse Toujours.

Let’s get physical !

Ce matin, j’ai pris un cours de pilates et danse contemporaine en petit comité dans un très joli studio à Montréal, avec Erin Flynn, danseuse contemporaine, chorégraphe, maman d’un petit Sy, enseignante de pilates, élève en formation de yoga, et j’en passe.

Je n’avais pratiquement jamais fait de pilates avant, ce qui a été l’occasion de la découverte d’une flopée de nouveaux outils de délicieuse torture-qui-nous-fait-du-bien, comme le « rouleau pâtissier à chair » (en langage pilates : rouleau ou roller) pour étirer ses muscles et masser les bandelettes de Maissiat. Savez-vous où se situe exactement ces fameuses bandelettes? J’avoue mon ignorance. Comme je suis fine et pour tous nous coucher moins niais et sur nos deux  oreilles ce soir, je vous mets un petit dessin. Le syndrome de la dite bandelette (syndrome de l’essuie-glace) provoque des douleurs latérales au genou et touche notamment les coureurs, les cyclistes et les randonneurs.

Le cours d’Erin, organique et holistique, à la fois énergisant et apaisant, est imprégné de notions et de principes provenant d’autres champs, qu’elle relie entre eux : yoga, technique Alexander, éducation somatique… Les parties pilates et danse contemporaine se nourrissent l’une l’autre. À la pause, j’ai demandé à Erin si elle faisait appel à la méthode Feldenkrais, que je détectais dans son enseignement. Erin me répondit que désormais les techniques corporelles ne sont idéalement plus cloisonnées mais sont interconnectées et s’alimentent entre elles. Ceci permet une meilleure conscience corporelle et un mouvement plus délié, organique, harmonieux et respectueux du corps.

Voici deux apprentissages que j’ai fait aujourd’hui, entre autres :

  • Personnellement, l’équilibre sur une jambe est un grand défi. Mon amie Julie, enseignante de pilates, m’a expliqué que c’est une question d’alignement. Cet alignement peut être compromis par des blessures. Selon le yoga, trouver l’équilibre est un processus permanent, à rechercher constamment, ce n’est pas un état statique : l’équilibre est relié à l’état émotionnel du jour. Tout ceci rentre en jeu. Toujours est-il que, pour moi, la posture de l’arbre, la posture du roi des danseurs, l’aigle et autres animaux volants ou soucoupes volantes sont des gageures, et que je m’entraîne en attendant le bus, plantée sur un pied comme un héron (les gens vous regardent bizarrement, mais ça peut être l’occasion d’échanges cocasses). Petit truc que j’ai appris aujourd’hui pour trouver l’équilibre : penser qu’on a un mur derrière soi et qu’on a trois jambes, dont une invisible. On tient donc sur sa jambe de serre (rectificatif jambe de terre! c’est un lapsus qui m’amuse, ancrée comme avec ses serres d’aigle) et sur sa jambe invisible, ce qui permet de rester droit et ne pas basculer le bassin d’un côté. Essayez, ça marche!
  •  Les gens qui dansent ont souvent tendance à basculer les hanches vers l’avant, ce qui cause un affaissement dans les lombaires et fait mal au dos. En position verticale, il peut leur être difficile d’avoir le bassin et le sacrum en position neutre, le coccyx vers le bas, sans basculer les hanches. Si vous êtes comme moi par rapport à cette tendance anatomique, au sol, les genoux pliés vers le plafond, il faut engager les abdominaux profonds pour ramener le sacrum en position neutre sans basculer les hanches.

Et enfin, quelque chose qu’on ne réapprend jamais assez, respirer en dansant, coordonner ses inspirations et expirations avec ses mouvements! Respirons en chœur alors.

N’hésitez pas à apporter vos sons de cloche, de casserole, à partager vos réflexions et vos expériences de mouvement.