La danse de la réalité

CYcle 2 de Kimberley de Jong.

CYcle 2 de Kimberley de Jong.

Aborder le cycle de la vie dans la danse sans verser, ni dans le trop symbolique, ni dans l’hermétique, tient de la gageure. Mais Kimberley de Jong, inspirée par des expériences personnelles, le fait haut la main dans CYCLe 2, une pièce aboutie et envoûtante d’une étrange beauté présentée dans le cadre d’un double programme à Tangente.

N’allez pas juste voir la création pour les interprètes, les merveilleux Brianna Lombardo et Nathan Yaffe. Lombardo, qu’on a vu l’an dernier entre autres sur scène chez Mélanie Demers, Fred Gravel et Jacques Poulin-Denis est impressionnante de sensibilité, porosité et justesse. S’appropriant des univers chorégraphiques très différents, elle est caméléon tout en ayant une corporéité très particulière, propre à elle.

CYcle 2 de Kimberley de Jong.

CYcle 2 de Kimberley de Jong.

Allez voir aussi CYCLe 2 parce que la création concrétise les promesses de CYCle 1, présentée par Kimberley de Jong à Danse Buissonnières en 2012. Dans la nouvelle création, la jeune femme chorégraphie la vulnérabilité, les relations humaines tout au long des diverses étapes de la vie, le désir et l’étreinte, la naissance et la décrépitude. Au début du spectacle, Lombardo et Yaffe portant des collerettes en plastique transparent, se cherchent, s’écoutent, se frôlent. Ils se défont de leurs collerettes-paravents et leur corps à corps se fait plus brut, plus animal, tout en restant tendre. Le travail d’état très présent dans la pièce est aussi combiné par moments à une grande physicalité ou à un jeu théâtral.

CYCle 2 est une pièce odorante. L’image de Lombardo dont le dessous de la jupe sème des pétales de fleur est particulièrement frappante. Plus tard, elle ramasse les pétales en riant aux éclats. La création de Kimberley de Jong célèbre aussi la sensualité de la vie, le renouveau, mais sans aller dans la poésie facile. Ainsi, pour évoquer la ressemblance entre les très jeunes et les aînés, elle donnera à voir un drôle de tandem, un bébé attaché à un corps de femme quasi nu affublée d’une immense tête de cadavre.

Coming and Coming, Stéphanie Morin-Robert. Interprètes : Marie-France Jacques, Marie-Pier Gilbert, Linnea Gwiazda, Alexia Martel et Allison Burns.

Coming and Coming, Stéphanie Morin-Robert. Interprètes : Marie-France Jacques, Marie-Pier Gilbert, Linnea Gwiazda, Alexia Martel et Allison Burns.

Quant à Coming and Going, la création de Stéphanie Morin-Robert pour sa compagnie pour corps et lumière, elle n’est pas déplaisante à regarder. L’ambiance quelque peu onirique et confidentielle, créée essentiellement par la touchante performance du poète Ian Ferrier et par la pénombre, y est pour beaucoup. Coming et Going commence même très bien : un très beau duo au mur fait d’ondulations, un dos porteur de significations. Mais la pièce ne porte pas ses fruits. Portée par cinq danseuses dont certaines débordent de magnétisme et d’autres semblent absentes, elle aurait besoin d’être fignolée, notamment sur le plan de la synchronisation collective, et contient trop de références à la gestuelle d’autres chorégraphes. Certes, le travail de la lumière – une danseuse éclaire ses acolytes avec un projecteur – est inventif et il y a des tableaux saisissants : les interprètes auréolées de lumière, une sorte de marelle contemporaine, une danseuse qui joue des claquettes dans l’eau… Mais l’ensemble abuse un peu du balancier et des nymphes des grottes aux jupes et aux cheveux virevoltants.

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