Compagnie Mau/Lemi Ponifasio : Les oiseaux dansent aussi

Birds with skymirrors. Compagnie Mau. Photo : Sébastien Bolesch.

Birds with skymirrors. Compagnie Mau. Photo : Sébastien Bolesch.

Les impacts des changements climatiques se font déjà sentir. Ils constituent même un danger pour l’existence des Îles du Pacifique à cause de la montée des eaux. Ces îles dont est originaire Lemi Ponifasio, dont le FTA présente la création Birds with skymirrors. Une prière dansée pour un monde ravagé, à la fois visuelle et expérientielle, pendant laquelle le temps suspend son vol. De cette transe collective, on ne ressort pas tout à fait indemne.

Le chorégraphe samoan – qui habite aujourd’hui la Nouvelle Zélande – est un chef maori qui a fait des études en philosophie et en sciences politiques. Le nom de sa compagnie – un collectif d’artistes, d’activistes, d’intellectuels et de leaders communautaires – vient du parti indépendantiste maori. Il n’est donc pas surprenant que son travail soit engagé et politique. C’était déjà le cas pour Tempest : without a body, à l’affiche au FTA en 2011. Sans pour autant être narrative, Birds with skymirrors a d’emblée un propos clair et lisible : la scénographie est dépouillée, dans des tons sombres. Un panneau en biais coupe la scène, ce qui fait que les interprètes ne seront jamais au centre de la scène (traduisant le rapport circulaire à l’espace dans la culture samoane dont le chorégraphe fait état dans un entretien avec Fabienne Cabado pour le FTA). Des panneaux réfléchissants rappellent des miroirs, comme ces miroirs que semblent porter dans leurs becs ces oiseaux qui transportent des bandes magnétiques, l’image qui a inspiré Ponifasio et qui est le fil conducteur de la pièce. Dans cette atmosphère apocalyptique, un homme commence à bouger dans l’espace, de dos. Il est presque nu et son corps est couvert de peintures rituelles. Il bouge lentement et on voit les frémissements de ses muscles et ligaments, comme s’il était traversé par les ondes de la folie ordinaire des humains. Ses bras, magnifiques, commencent à se déployer. On dirait des ailes engluées dans le goudron. Avec une force qui résonne, il donne des tapes à son sternum, qu’il ouvre face au ciel, comme une offrande.

Birds with skymirrors, compagnie Mau. Photo : Sébastien Bolesch.

Birds with skymirrors, compagnie Mau. Photo : Sébastien Bolesch.

Ponifasio dit ne pas créer de chorégraphies, mais orchestrer des cérémonies. Ainsi, ses danseurs, de par leurs vêtements, crânes rasés, expressions et mouvements, sont des moines. Très inventive, leur gestuelle conjugue la danse contemporaine, les mouvements des animaux et le haka, une danse chantée traditionnelle maorie. Contrairement à ce que son appropriation par des équipes de rugby l’a laissé croire, le haka n’est réservé ni aux hommes, ni aux déclarations guerrières. Les interprètes sont tour à tour des oiseaux luttant pour leur survie et les protagonistes d’une cérémonie qui célèbrent la vie et déplorent la destruction. Ils semblent glisser sur de l’eau, marchant très rapidement dans leurs longues jupes étroites, alors que leur bras se déroulent et ondulent beaucoup plus lentement. Leur danse devient par moments insurrectionnelle, alors qu’ils tapent différentes parties de leur corps, debout ou assis en tailleur dans une ligne face au public. Spectaculaires, théâtrales, un trio de danseuses aux yeux exorbités évoque des prêtresses, poussant des complaintes de pleureuses et des cris perçants d’oiseaux. On verra même apparaître un homme à face d’oiseau, sculptural, portant une sorte de cache-sexe en acier, tel un personnage à la Enki Bilal.

La trame sonore participe à la création d’une expérience contemplative et hypnotisante : une musique électronique qui mélange des sons synthétiques et des sons réels d’oiseaux, de lac, de rivière, que vient interrompre les chants empruntant au haka, invocations, vociférations et litanies des interprètes.

Birds with skymirrors, compagnie Mau. Photo : Mau.

Birds with skymirrors, compagnie Mau. Photo : Mau.

Hommes-oiseaux, femmes-oiseaux. La culture samoane, que les insulaires ont relativement conservée malgré des siècles d’influence occidentale, est caractérisée par un rapport particulier à l’environnement : apparu bien après tous les autres êtres vivants, l’humain est considéré comme l’enfant du cosmos. Il fait partie de l’environnement. On retrouve cette idée dans le langage, où les mêmes termes désignent des parties du corps et des composantes écologiques. Encore aujourd’hui, la culture samoane est imprégnée de la notion du Va, qui signifie à la fois relation, affiliation, communauté, responsabilité, différence, séparation, obligation… Le Va, c’est la connexion entre tous les êtres vivants.

Birds with skymirrors, compagnie Mau. Photo : Kamrouz.

Birds with skymirrors, compagnie Mau. Photo : Kamrouz.

Et puisque l’humain fait partie de la nature, il éprouve dans sa chair la dégradation environnementale dans Birds with skymirrors. La création donne à voir des corps souffrants, notamment lorsque les danseurs pliés en deux s’avancent sur la scène, leur épiderme parcouru de convulsions. L’être humain tend à oublier qu’il est connecté à l’environnement et ceci entraîne une douleur généralisée, semble souligner Ponifasio, reliant le corps à la fois au politique et au cosmologique.

L’un des danseurs avait le visage peint en blanc. Était-il le bec d’un oiseau, dont chaque composante était un des autres interprètes? Une transformation radicale des visions et des pratiques à l’égard de l’environnement, de nos modes de vie, est urgente. Puisse la danse contemporaine y contribuer.

Vous pouvez écouter ici une première expérience de baladodiffusion de Ma mère était hipster : Dominique Charron et moi-même avons discuté du spectacle à la sortie, sans filet, sur les marches de la Place des Arts.

Publicités

Dance from the Mat a un an aujourd’hui

DSCF0102Tout a commencé avec un texte sur Sideways Rain de la compagnie Alias présenté par le FTA l’an dernier. Depuis, de l’eau a coulé sur les ponts, j’ai pris en filature Terpsichore, écrit bien d’autres textes, rejoint l’équipe du webzine culturel montréalais Ma mère était hipster, les funambules de la plume électronique et commencé à écrire pour Voir.

On me demande souvent comment quelqu’un se retrouve à écrire sur la danse, alors pour l’occasion je vous raconterai rapidement la petite histoire. Je danse en dilettante depuis très longtemps, avec un goût particulier pour la danse contemporaine. Et j’écris aussi depuis belle lurette, sur des sujets sociaux, environnementaux et culturels – mais pas sur la danse. Dans un moment de désœuvrement, j’ai commencé ce blogue avec l’idée initiale de parler de mes expériences personnelles en danse et en éducation somatique, idée dont j’ai dévié en cours de route. Autour de moi, à Montréal et dans mes deux autres villes d’attache, beaucoup de gens passionnés et généreux créent des pièces de danse, enseignent diverses techniques corporelles, prennent des photos magnifiques de personnes qui bougent, etc. De fil en aiguille, j’ai commencé à écrire sur eux, sur leurs idées, sur leurs visions du monde et du mouvement, sur leur projets ; à mettre en ligne des images de photographes ; à faire des entrevues avec des praticiens du yoga ou d’autres approches. L’Agora de la Danse m’a invité à un spectacle, puis je me suis enhardie jusqu’à contacter d’autres lieux de diffusion et demander à voir des créations pour pouvoir rédiger des critiques. Des rencontres et des expériences ont aussi joué un rôle décisif : une formation au Regroupement Québécois de la Danse « Cultiver son jardin chorégraphique » et les discussions avec Katya Montaignac qui a donné cette formation ; des échanges avec plusieurs personnes du milieu, journalistes et critiques de danse, en particulier Fabienne Cabado qui m’a prodigué de nombreux conseils ; l’aventure de Ma mère était hipster et la rencontre avec Myriam Daguzan Bernier, rédactrice en chef du webzine. Ce n’est pas un billet de remerciements, ce serait bien trop long, mais une pensée à toutes les personnes qui m’ont donné du temps et des entrevues alors que ce blogue était nouveau-né ; aux membres de ma famille et aux amis qui m’ont encouragée et, ou cogité avec moi qu’ils dansent, enseignent la danse, œuvrent en art, ou fassent tout à fait autre chose ; aux amies qui m’accompagnent dans les salles obscures et vivent de drôles d’expériences avec moi dans des pièces participatives ; à ma mère qui m’a donné le goût de lire, d’écrire et d’apprendre et qui est ma plus grande source d’inspiration et lectrice.

Ceux que je croiserai au OFFTA et FTA demain auront une part de gâteau. Et, tranquillisez-vous, je ne l’ai pas fait moi-même, il vient de chez Mlles Gateaux

OFFTA : Jeunes Pousses

Parce qu'on sait jamais, de Dans son salon. Photo : Guillaume Briand.

Parce qu’on sait jamais, de Dans son salon. Photo : Guillaume Briand.


Festival défricheur et fureteur en lisière du FTA, le OFFTA fait la part belle aux démarches in(ter)disciplinées et à la relève. Coup de projecteur sur les créateurs en devenir à l’affiche cette année.

Collaborant depuis leurs études communes à l’UQAM, Karenne Gravel et Emmalie Ruest ont lancé leur compagnie de danse le 22 février dernier à l’occasion d’un souper performatif jouissif, Fin de party, au Café-Bistro Arrêt de Bus. Elles interpréteront leur création Parce qu’on sait jamais pendant un programme double au Théâtre de la Licorne les 29 et 30 mai à 18h (suivie de Koalas, une pièce de théâtre de Félix-Antoine Boutin). Dans Parce qu’on sait jamais, on retrouve les jeunes walkyries cocasses et beckettiennes de la création Fin de Party, alors qu’elles s’improvisent gourous et guident le public vers le « bonheur » : « C’est une création sur l’idée de la marchandisation du bien-être, dit Emmalie Ruest. On a constaté qu’on doit tout le temps être prêt à tout, performant, connectée, tout en étant zen, bien dans sa peau et en contrôle de la situation. Ce sont des réalités et des pressions que tout le monde vit. » La gestuelle de Parce qu’on sait jamais est inspirée à la fois de la culture populaire, de la danse contemporaine et du yoga. L’humour déjanté des deux chorégraphes leur permet d’amener sur le tapis des sujets sérieux : « Nos personnages sont des versions clownesques et amplifiées de nous-mêmes, précise Emmalie Ruest. Elles sont drôles et elles font rire, même quand on soulève certaines situations dramatiques». Le duo Dans son Salon sera également de la partie pendant Le pARTy de La 2ème Porte à gauche le 30 mai, proposant deux numéros, un extrait de Fin de Party et la chorégraphie que les deux comparses avaient concoctée pour Misteur Valaire.

Quant à la soirée de petites formes de la relève, Nous sommes ici, il s’agit d’une sorte de OFF du OFF, qui aura lieu ce dimanche 26 mai à 20H au Théâtre des Écuries : « c’est une soirée tremplin pour les jeunes artistes nouvellement diplômés des différentes écoles de théâtre, de danse et d’art performatif » explique Katya Montaignac, qui fait partie du comité de programmation du OFFTA. Cette manifestation donne à voir sept propositions courtes, trois créations de danse, trois pièces relevant de la performance et une œuvre de théâtre.

Alliage composite d'Élise Bergeron et Philippe Poirier. Photo ' Sébastien Roy.

Alliage composite d’Élise Bergeron et Philippe Poirier. Photo ‘ Sébastien Roy.


Entre autres, Alliage composite est un duo chorégraphié et interprété par Élise Bergeron et Philippe Poirier. Ces derniers se sont rencontrés pendant leurs études à LADMMI et ont rapidement développé une belle connivence : « on a commencé par créer de petits duos plus ludiques, représentatifs de notre amitié » raconte Élise Bergeron. La création présentée à l’OFFTA a émergé à travers un processus d’expérimentation sur une connexion physique par l’avant-bras : « on s’est mis à expérimenter et à chercher toutes les possibilités de mouvement sans jamais perdre la connexion, poursuit Bergeron. Dans cette proposition, on est dépendants l’un de l’autre tout en étant constamment à la recherche de l’équilibre, C’est un travail d’état, qui demande beaucoup d’écoute et de réceptivité». Les deux chorégraphes y jouent avec les montées d’énergie et les moments de vulnérabilité, construisant de cette manière « un langage kinesthésique et non narratif » souligne la jeune femme. Le résultat de ce travail, ajoute Bergeron, c’est une « pièce contemplative et très plastique », qui n’est pas dans le ton joueur de leurs premières collaborations. Les deux acolytes préparent actuellement une nouvelle création programmée en octobre à Tangente.

Mi nouh de Claudia Chan Tak avec elle-même et Massiel de la Chevrotière Portela. Photo : Anne-Flore de Rochambeau.

Mi nouh de Claudia Chan Tak avec elle-même et Massiel de la Chevrotière Portela. Photo : Anne-Flore de Rochambeau.

[La manifestation Nous sommes ici présentera également le travail de Claudia Chan Tak. Celle-ci dansera avec Massiel de la Chevrotière Portela dans Mi nouh, une pièce qui parle, comme son nom l’indique, de félins. « C’est parti d’une envie de lâcher prise et d’avoir du plaisir dans un nouveau processus de création après avoir fini mon BAC en danse, explique Chan Tak. Pour ma création au spectacle des finissants, j’avais travaillé avec 5 interprètes depuis plusieurs mois. Pendant nos pauses, on se racontait souvent nos histoires de chats et on se montrait des vidéos de chats. J’ai donc eu envie de délirer sur ce sujet et de faire sortir les petites filles en nous, deux petites filles qui créent un spectacle sur leur amour pour les félins avec ce qu’elles croient avoir compris de la danse contemporaine. Un peu comme ces petits spectacles qu’on préparait pour nos parents quand on était enfants… ». Actuellement en maîtrise de danse en recherche-création à l’UQAM, Claudia Chan Tak a plus d’une corde à son arc : danse, vidéo, arts visuels, confection de costumes : « le mélange danse, vidéo et nouvelles technologies, je trouve ça riche de possibilités, dit-elle. Autant sur l’aspect visuel, conceptuel, sensoriel, interactif, etc. » Chan Tak dansera notamment pendant la soirée Short & Sweet organisée dans le cadre du FTA le 4 juin – dans un extrait de Schmuttland Pour une utopie durable des Sœurs Schmutt et dans un duo créé avec Louis-Elyan Martin – et participera aux prochaines Danses Buissonnières. Reste à découvrir si son chat orange, Madame Koechel, se produira dans Mi nouh, mais on n’en saura rien.

Les Paroles d'Alix Dufresne. Interprète sur la photo : Rachel Graton. Photo :Maxime Côté.

Les Paroles d’Alix Dufresne. Interprète sur la photo : Rachel Graton. Photo :Maxime Côté.


Alix Dufresne, étudiante en mise en scène à l’École nationale de théâtre, proposera dimanche un extrait dépouillé de sa pièce Les Paroles, tirée du texte éponyme de l’auteur australien Daniel Keene et jouée par Rachel Graton et Mickaël Gouin : « le texte constitue une courte parabole poétique de 12 pages, empruntant au vocabulaire du nouveau testament » raconte Dufresne. La transposition théâtrale de ce texte fait appel à un langage à la fois verbal et corporel : « il y a une grande implication physique, ajoute Dufresne. C’est pour cela que j’ai choisi des acteurs qui sont aussi des danseurs ». Mais le travail d’Alix Dufresne ne convoque pas la danse-théâtre pour autant : « Le mouvement s’intègre à la parole, ils sont liés de manière organique, insiste la metteure en scène. C’est une œuvre très symbolique. Il y a quelque chose de primitif, de très sensoriel ». La création Les Paroles semble s’inscrire parfaitement dans le thème du cru 2013 de l’OFFTA, le désenchantement : « C’est l’histoire d’un prêcheur qui va de ville en ville pour parler de Dieu, mais personne ne l’écoute. C’est un récit d’errance, de quête de sens. Finalement, on réalise qu’on est responsable de notre bonheur et de notre malheur, et c’est très angoissant ». Cette errance et cette angoisse, Alix Dufresne les travaillent dans le corps, évoquant dans un esprit tout barthien l’émotion qu’on peut éprouver devant une pièce dont on ne comprend pas la langue, puisque « quelque chose de fort émane du corps ».

Let’s get it on! de Julia Barrette-Laperrière.  Interprètes: Gabrielle-Bertrand-Lehouillier, Marie-Reine Kabasha, Christina Paquette, Philippe Dandonneau, Sébastien Provencher. Photo : Fannie Bittner Dumas

Let’s get it on! de Julia Barrette-Laperrière. Interprètes: Gabrielle-Bertrand-Lehouillier, Marie-Reine Kabasha, Christina
Paquette, Philippe Dandonneau, Sébastien Provencher. Photo : Fannie Bittner Dumas


Pendant Nous sommes ici, on pourra aussi voir un extrait de Let’s get it on! de Julia Barrette-Laperrière et les créations Operation Jest Defrost de Michelle Couture, Journée Bleue de Maude Veilleux V. et Le voyage astral de Les Sabines.

Ravages environnementaux, guerres, oppressions, drames quotidiens. L’heure est au désenchantement. Mais ils et elles sont là, artistes d’aujourd’hui et de demain, qui créent « cet art vivant » qui « répond à notre désir, désespéré parfois, de nous sentir vivants »*.

*L’auteur, dramaturge et enseignant Joseph Danan dans l’ouvrage Entre théâtre et performance : la question du texte.

Photos du mois : « Mate toujours, tu ne m’atteins pas » Emma Barthere

M1

M2

Danseuse : Maria Filali

Avec le retour des beaux jours, la photo du mois refait son apparition.

Photographe basée à Paris, Emma Barthere capte l’essence de corps féminins et de leurs mouvements dans des lieux dépouillés, entre autres des espaces industriels ou abandonnés, dont elle met en lumière la poésie et l’onirisme. J’affectionne notamment les premiers mots de sa biographie : « Née … au pied des montagnes pyrénéennes » : ne sommes-nous pas façonnés par les milieux que l’on habite et où on évolue ? Ne façonnons-nous pas à notre tour nos habitats ? En tous cas, Emma Barthere imprime son imaginaire sur les personnes et les lieux qu’elle prend en photo. Venant du monde du théâtre et des arts visuels, Emma se dit surtout inspirée par son expérience de la scène, malgré son passage à l’école de l’image Les Gobelins qui lui a certes inculqué les rudiments techniques nécessaires : « Je conçois chaque image comme le témoignage d’une mise en scène que l’instant photographique viendrait figer au moment précis où décor et modèle s’accordent et rendent l’essence même de l’histoire. L’avant/après, le off, ce que l’on ne voit pas, se construit au gré de l’imagination du spectateur ».

Festival de yoga à Montréal : quand asanas et méditation riment avec danse, percussions et discussion

YFM-anatomyLocal de A à Z, écologique, musical et bilingue. Tel sera le Festival de yoga à Montréal, organisé du 31 mai au 2 juin au Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec par les membres de Yocomo, Anne-Lisa de Forest, Nadia Stevens, Roseanne Harvey, Miranda Chapman and Jordan Nardone. Roseanne Harvey, cofondatrice du festival et plume du blogue de yoga It’s all yoga, baby nous parle du cru 2013.

DFM : Roseanne, tu es l’une des organisatrices du Festival de Yoga à Montréal, un festival local, communautaire et bilingue. Pourquoi un festival de yoga à Montréal?

Roseanne : Il est bon pour les membres de chaque communauté, yogique ou autre, de se réunir, de pratiquer ensemble et d’apprendre les uns des autres. Il y a des conférences ou festivals annuels de yoga dans plusieurs grandes villes canadiennes, comme Toronto et Vancouver, mais Montréal n’avait pas encore le sien jusqu’à l’année dernière.

DFM : Quel est le bilan du premier festival de yoga montréalais de 2012?

Roseanne : Un immense succès! Il y avait une très bonne ambiance, les participants se sont beaucoup amusés et nous sommes rentrés dans nos comptes. Les gens en parlent encore. D’ailleurs, le prochain festival suscite un grand buzz et semble très attendu.

DFM : La deuxième édition compte-t-elle des nouveautés par rapport à l’an dernier?

Roseanne : Beaucoup de choses sont nouvelles cette année! Entre autres, il y a des cours de yoga pour les enfants, des bourses pour les participants, un nouveau traiteur, etc. Le programme est très différent de celui de l’an dernier, à la fois avec plusieurs nouveaux enseignants et des visages familiers, pour avoir un sens de continuité et de collectivité.

DFM : L’an dernier, j’avais été frappée par la dimension écologique du festival. Est-ce que ce sera le cas cette année?

Roseanne : Le festival sera écologique. Tout d’abord, les professeurs, exposants et sponsors sont tous de Montréal. Cette dimension locale diminue beaucoup l’empreinte écologique et aide à lutter contre les changements climatiques, puisque personne ne prend l’avion et puisqu’on peut tous venir à pied, en vélo ou en transports communs. En outre, comme l’an dernier, nous aurons du compost sur place et nous ne vendrons pas de bouteilles d’eau.

danse DFM : L’an dernier, vous aviez fait la part belle à des pratiques qui conjuguent yoga et danse. Qu’est-ce qu’il y a au programme cette année?

Roseanne : L’atelier Yoga Remix conjugue un style de danse Bollywood avec des asanas et de la méditation. Mylène Roy donnera aussi un cours de Danga, une danse très énergétique combine avec du yoga. Notre soirée d’ouverture du vendredi soir fera aussi appel à une performance interactive de danse, des chants de kirtan et de l’acro yoga.

YFM-handstand <DFM : Qu’en est-il de l’intégration de l’action sociale dans une pratique de yoga?

Roseanne : L’atelier Corps activistes : descendre le yoga dans la rue, animé par Allison Ulan et Carina de Menna, se penche sur les liens entre l’action sociale et le yoga. Le samedi soir, on organise aussi une discussion collective sur le yoga, notamment en ce qui concerne l’accessibilité et l’inclusion de tous et toutes. Tout d’abord, s’exprimeront des intervenants, tels que des enseignants de yoga, des propriétaires de studios, des chercheurs et des activistes. Ensuite, il y aura une discussion de toute la communauté montréalaise de yoga. Gratuite et ouverte à tout le monde, cette activité est caractérisée par une dimension d’action sociale.

Quelques suggestions de Dance from the Mat : Corps Activistes: Descendre le yoga dans la rue ; Dvanda : L’immense/petit bal des opposés (Danse/Yoga) ; Yoga Remix ; Chakras/Percussion/Son ; OMnipotence : Le yoga du son ; Kinéson : Son et mouvement ; Une exploration de la stabilité et de l’Intégrité du genou en yoga ; Mouvement dans le repos : une pratique restaurative ; Le concert méditatif et bien d’autres.