Friandises chorégraphiques minutées

Sasha Kleinplatz et Andrew Tay, organisateurs de Short&Sweet. Photo : Celia Spenard-Ko.

3 minutes par performance, pas une seconde de plus. La neuvième édition de Short & Sweet aura lieu le mercredi 28 novembre à la Sala Rossa et présentera 27 nano-créations inédites, qu’on pourra regarder en déambulant ou en se trémoussant, l’élixir de son choix en main.

3 mots d’Andrew Tay et Sasha Kleinplatz sur la neuvième édition de Short & Sweet : marionnettes, vidéos, whackers*

3 mots d’Andrew et Sasha sur Montréal : hybride, bon marché, brillant

3 mots d’Andrew et Sasha sur la scène de danse à Montréal : éclectique, déjantée, soudée

3 mots d’Andrew et Sasha sur la Sala Rossa : historique, sexy, arrosée

3 mots d’Andrew et Sasha sur leurs plans futurs dans le cadre de Wants&NeedsDance : organiser, diffuser, créer

Short&Sweet 5. Création d’Andrew Turner. Photo : Celia Spenard-Ko.

Des événements comme Short & Sweet font partie des raisons pour lesquelles j’ai commencé ce blogue. Éclectiques, festifs, coopératifs, interdisciplinaires, sortant la danse contemporaine de ses balises habituelles… Les organisateurs,  Sasha Kleinplatz et Andrew Tay de Wants&Needs Dance, ont conçu Short & Sweet comme une plateforme d’expérimentation pour des chorégraphes tant émergents qu’établis, où ces derniers peuvent délaisser leurs zones de confort. Ils ont voulu créer un cadre ludique et contrastant avec les salles de théâtre pour attirer un nouveau public vers la danse et la performance.

Il y en aura pas mal de premières fois mercredi. Des marionnettistes, des artistes de performance et des chorégraphes découvriront le défi des trois minutes. L’idée avait émergé lors d’un événement Piss in the Pool : également mis sur pied par Wants&Needs Dance, celui-ci investit une piscine vide, que s’approprient plusieurs chorégraphes pour créer une création in situ. En discutant avec une actrice de la scène locale de danse qui soulignait la longueur de certaines pièces, Sasha Kleinplatz a eu l’idée d’un événement basé sur une contrainte de temps.

Short & Sweet 8. Atypik le Collectif. Photo : Celia Spenard-Ko.

Et si vous vous demandez ce que nous réserve Wants&Needs Dance pour la suite, Sasha et Andrew sont en train de concocter de nouveaux concepts de soirées délirantes. Ils se proposent aussi de mettre en place des éditions de Short & Sweet et Piss in the Pool dans d’autres villes du pays.

Les chorégraphes et artistes participants à Short & Sweet 9 sont : Hanako Hoshimi-caines, Helen Simard, Tony Chong, Thea Patterson, Darsha Hewitt, Priscilla Guy, Mark Sussman et Jesse Orr, Katie Ward, Adam Kinner, Claire Lyke, Jonathan Fortin, Gerard Reyes, Caroline Dusseault, Audrey Bergeron, Frédéric Tavernini, Thierry Huard, Catherine Lavoie-Marcus, Emmanuel Jouthe et Laurence Fournier Campeau, Andrew Tay, J.D. Papillon, Kimberly De Jong, Frédéric Wiper et Rosie Contant, Julienne Doko,, Josianne Latreille, Karla Etienne, Maria Kefirova, Helen Simard, Irene Discós.

*Intraduisible, le terme whacking désigne un genre de danse urbaine.

Short& Sweet, 28 novembre, 20h30. Sala Rossa. 4848 Boul. St-Laurent.

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Réflexions d’une pucelle gravélienne sur Usually Beauty Fails

Usually Beauty Fails. Photo : Denis Farley.

Usually Beauty Fails, le dernier cru de Frédérick Gravel, était à l’affiche à la Cinquième Salle à Montréal du 7 au 17 novembre (co-présenté par Danse Danse et la Place des arts). On a dit beaucoup de choses sur l’un des enfants terribles et chéris de la scène québécoise de danse : irrévérencieux, postmoderne, rock-star de la danse québécoise (ou quelque chose comme ça), concepteur d’objets artistiques déjantés, à poil au poil… Lecteurs d’outre-mer qui n’avaient pas encore vu du Gravel, cela vous donnera peut-être une idée du personnage. Qui se moque lui-même de ces qualificatifs sur scène.

On m’avait prévenue. Une femme avertie en vaut deux, vous me direz. On m’avait dit : est-ce ton premier show de Gravel? Alors, tu vas adorer. Si ce n’est pas ton premier show, peut-être vas-tu trouver que c’est devenu une formule et que tu ne vas rien ressentir, c’est très probable même. La critique de Local Gestures abonde dans ce sens.

La semaine dernière, j’ai participé à un table-ronde passionnante du nouveau podcast Dirty Feet sur les enjeux du journalisme de danse, avec Fabienne Cabado, Sylvain Verstricht, Helen Simard et Maud Mazo-Rothenbühler . Des questions me sont restées en tête : Pourquoi j’écris dans ce blogue? Dois-je avoir un code déontologique? Suis-je une journaliste? Suis-je un critique? Est-ce le salaire qui fait le sérieux de la chose? D’autant que « dans la vie », je fais de la recherche en sciences humaines et personne ne me paie pour ça mais, croyez-moi, c’est bel et bien mon métier (je suis une pigiste de la recherche!). Pour moi, c’est l’engagement qui fait le professionnalisme de la chose et les journalistes spécialisés en danse sont la référence en la matière. Toutes ces questions feraient un papier très intéressant ; mais revenons à nos moutons, Usually Beauty Fails.

Récemment, une critique sur Usually Beauty Fails dans la Presse a fait pianoté beaucoup de doigts sur leurs ordinateurs et provoqué un débat virtuel non moins passionnant. Quel est le rôle d’un critique? Quelle est sa place dans la société? Doit-il avoir un bagage conséquent dans son sujet? En danse, doit-il avoir vu tous les shows d’un chorégraphe pour mieux comprendre sa démarche et écrire à son sujet?

Alors j’annonce la couleur. C’était mon premier show live de Gravel, si l’on met de côté sa création dans le cadre de la Danse à 10 l’an dernier. J’ai certes vu le film « Aux limites de la scène » de Guillaume Paquin sur Frédérick Gravel, Dave Saint-Pierre et Virginie Brunelle – et deux fois même, histoire d’asseoir mon peu de légitimité un peu plus! – que j’ai adoré et que je vous recommande. J’espère que ce documentaire viendra dans une salle près de chez vous, lecteurs d’outre-mer. Et dans le film, je suis tombée en amour avec le discours de Gravel. Fabienne Cabado écrit avec justesse du chorégraphe – ou plutôt artiste sans étiquette, car il est aussi danseur, musicien, éclairagiste et j’en passe – qu’il est  danseur-rockeur-penseur. Techniquement donc, pour reprendre la formule du blogue Local Gestures, je suis une Gravel virgin, une novice gravélienne.

Gravel a fondé un collectif de danseurs et de musiciens, de son petit nom Grouped’ArtGravelArtGroup. Il fait des « concerts chorégraphiques » ou des chorégraphies rock. D’ailleurs, pendant que je cherchais ma place, je me suis fait la réflexion que la scène encore vide ressemblait à la scène d’un concert. Le show est évolutif : il n’est jamais « rodé », Gravel le modifie un peu en permanence et en change l’ordonnancement. Il le compare à un être humain : contrairement à celui-ci, on peut transformer un show, y rajouter des éléments et en enlever d’autres.

Des musiciens font un gig sur scène et des danseurs dansent. Gravel orchestre, danse un peu, joue de la guitare et chante. Et surtout, on voit les coulisses sur scène : les interprètes s’échauffent devant nous, boivent de l’eau, discutent et rient, regardent leurs comparses exécuter leurs numéros, se changent. Car, comme un concert, ce sont des numéros qui se succèdent, avec Gravel qui prend le micro entre eux, en nous livrant avec un humour mordant les dessous et les clés du show. Devant vous, imaginez le show et l’envers du show. Un spectacle de danse déconstruit par son concepteur sous vos yeux même : « Vous, public, vous créez le spectacle avec nous. Si c’est un succès planétaire, vous pouvez dire que vous avez participé à sa création. Si ça fait un flop, vous pourrez dire que vous le saviez. » « On vient de faire une chanson douce, c’est bien de montrer une vulnérabilité, ça nous rapproche ». « Bon, on va faire du rock’n roll maintenant, on a une réputation à tenir. » Et de jouer à fond la caisse et de faire rugir les amplis. Nirvana ne l’aurait pas désavoué. D’ailleurs, tout le show a une esthétique très grunge, un côté chantier en cours et désinvolte voulu. Gravel veut amener l’énergie du rock dans un spectacle de danse, intégrer la pop culture, des références qui parlent à tous, dans ses créations. D’autres chorégraphes ont intégré la pop et le rock dans leur travail, comme Jérôme Bel et Michael Clark. Daniel Linehan a créé une pièce (Zombie Aporia) qui s’apparente à un concert, mais sans groupe de musique sur scène (les artistes font des sortes de numéros en chantant a capella). Pierre Rigal a présenté en 2012 Micro, un concert rock dansé. Mais Gravel apporte à ses créations sa tchatche, son ironie, sa verve et en fait des pièces complètement décalées et brutes de décoffrage. L’écriture chorégraphique y est aussi très écrite (du moins dans Usually Beauty Fails, il semble que cela ait été moins le cas dans les spectacles antérieurs). La gestuelle est extrêmement physique et intense, avec beaucoup de travail au sol, de chutes et de transitions très rapides, tout en release. Elle est très exigeante et exige une extrême virtuosité. Elle m’a scotchée sur place et je voudrais tirer mon chapeau aux danseurs : Francis Ducharme, Kim de Jong, Brianna Lombardo, Frédéric Tavernini et Jamie Wright. Usually beauty fails, mais pas la beauté de ces interprètes-là, qui font ces mouvements-là, de cette manière-là.

Les musiciens (Stéphane Boucher et Philippe Brault) sont certes à leur affaire. Mais j’ai moins accroché à certains morceaux de musique. Et comme Usually Beauty Fails est un concert, je ne pouvais pas dissocier le concert de la danse. Quant au fait que l’effet de surprise est passé une fois qu’on connaît les ficelles de Gravel, justement lui-même dit « Comment créer un spectacle aujourd’hui, alors que tout est spectacle? ». Alors que nous avons tous plus ou moins un déficit d’attention, que nous jonglons entre 1000 sources d’information et avons une tendinite aigue des doigts à force de clics? Alors que certains spectacles sont de plus en plus audacieux et expérimentaux ?Alors qu’on ne peut presque plus aller à un show de danse sans avoir des bijoux de famille dans la face? Alors que 46 causes différentes nous sollicitent? Alors Gravel joue avec son public, il le provoque à outrance, il le manipule quelque peu. Il lui raconte que lui se trouve très « révérencieux », mais que seule l’impertinence annoncée vend des tickets de show. Il met en scène deux interprètes qui jouent à touche-pipi sans aucune émotion visible, l’air de ne pas y toucher au propre et au figuré. Il nous envoie de temps en temps des projecteurs de stade sportif dans les yeux, qui flirtent légèrement avec de la torture sensorielle. J’en profite pour lancer un message perso, Gravel, vas-y mollo avec les lux, nous ne sommes pas si ramollis du ciboulot, enfin inchalla!

Et si l’art vise à créer de l’émotion et, ou une réflexion et basta, si Fred Gravel voulait faire réfléchir les gens sur son show, sur comment et pourquoi faire un spectacle, alors bingo!  Mais je reverrai bien Usually Beauty Fails dans une salle de concert, où le public serait debout, déambulerait à sa guise et pourrait se laisser remuer physiquement aussi.

Fente-toi d’Isabelle Boulanger / Dans le cercle de Sarah-Ève Grant

Dans le cercle. Photographe : Frédéric Chais.

Cette semaine, Tangente propose un double programme, deux créations très différentes l’une de l’autre, proposées par des chorégraphes de la relève montréalaise : une partie de handball ludique et une expérience transdisciplinaire et enveloppante. Dernière occasion de voir tout cela : demain dimanche 16h, Monument National.

Fente-toi

Alexandre Fleurent, Michelle Clermont-Daigneault, Joanie Deschatelets, Noémie Dufour-Campeau, Alexia Martel, Audrey Rochette et Catherine St-Laurent, les sept interprètes de la compagnie « La grande fente » sont tous frais émoulus de LADDMI. La chorégraphe, Isabelle Boulanger, vient de la cuvée précédente. Elle avait été remarquée l’an dernier aux Danses Buissonnières pour sa pièce « Une grande fente pour dire « allô » ».

Fente-toi. Photographe : Marc-André Dumais,

Fente-toi est inspirée du handball. En effet, Isabelle Boulanger base son écriture chorégraphique sur des actions de la vie quotidienne dont elle « extrait le mouvement dansé ». Elle a emprunté aux sports collectifs de balle, entre autres le handball, leurs « feintes au but », leurs pas, leurs courts, leurs sauts, leurs plaquages.

Les sept joueurs sont tous habillés de shorts, jupettes et teeshirts de couleurs différentes. Ils portent des genouillères. Ils commencent à s’échauffer, puis à se provoquer en duels et ensuite commence la partie. Fente-toi est une création très physique, joyeuse, cocasse, emplie de dérision et d’énergie. Ça fonctionne, on rit, on a même envie de danser. Le dossier de presse annonce d’ailleurs la couleur : « ne vous y méprenez pas, ce n’est pas si sérieux » ; « c’est danser sans se prendre au sérieux ». C’est donc une pièce divertissante assumée. Et j’ai toujours eu un faible pour la transposition de sports en danse.

Fente-toi. Photographe : Sandra Lynn.

Mais deux éléments sont à souligner. Tout d’abord, l’univers de « Fente-toi » baigne dans une esthétique très hipster. Ne vous inquiétez pas, je ne vous ferai pas le topo que vous avez tous entendu maintes fois sur qu’est-ce que c’est un hipster. Ici, je vous parle surtout d’esthétique et d’accoutrement. Renseignements pris, le dossier de presse revendique même ce côté dit hipster : « La Grande Fente, c’est des pantalons en velours côtelé brun et un vieux chandail de laine. C’est vintage, c’est hipster, et en même temps actuel et avant-gardiste ». Et je commence à trouver ça fatigant, un peu comme si l’habit faisait la création. En outre, un travail sur le handball plus poussé, plus engagé, plus brut, aurait pu être très intéressant. Comme le travail de Koen Augustijnen des Ballets C de la B avec les boxeurs.

Dans le cercle

Dans le cercle. Photographe : Frédéric Chais.

«  Dans le cercle » est une création interdisciplinaire de Sarah-Ève Grant, Florence Blain et Jean-François Blouin. La première est interprète et chorégraphe, la deuxième hautboïste et comédienne et le troisième compositeur de musique électroacoustique et concepteur sonore.

L’espace scénique est un cercle lumineux délimité par un tracé en argile au sol. Une partie du public se trouve autour du cercle et une autre partie est au balcon du deuxième étage, surplombant le cercle. On est assis par terre et on peut aussi déambuler, changer de niveau et de perspective.

Au centre du cercle, il y a un micro qui capte les sons et les vibrations : ceux des courses, des mouvements, des respirations et des bruits que font les deux interprètes, Grant et Blain ; ceux du hautbois et de la trame sonore conçue par Blouin ; ceux du micro manipulé par les interprètes. Il y a une boucle de rétroaction constante entre le mouvement et le son : le micro capte le son du mouvement qui est intégré dans la bande sonore, affectant à son tour le mouvement et ainsi de suite. Une boucle infinie comme un cercle.

Pendant leur processus de recherche, les trois comparses ont pris connaissance d’un texte de Matei Visniec, L’homme dans le cercle. Ce texte a imprégné leur création, qui est devenue peu à peu une métaphore de la solitude et de l’enfermement.

Dans le cercle. Photographe : Maxime Pronovost.

Au début de la pièce, Sarah-Ève Grant semble sereine dans le cercle, à l’abri dans une sorte de cocon. Puis progressivement, elle se sent prise au piège, se débat comme un insecte englué dans une toile d’araignée. Un moment particulièrement marquant correspond à ses tentatives d’agrandir le cercle, par un jeu de lumières et de glissades, mais hélas le cercle se referme toujours sur elle. Autre séquences poignantes, Florence Blain joue du hautbois tout en bougeant en sol et finit par tourner sur elle-même à l’infini sans s’arrêter de jouer.

Dans le cercle est une création qui peut paraître très conceptuelle quand on la décrit, mais elle vous happe et vous retient. Un peu comme si on plongeait dans un caisson sensoriel, où seul compte le jeu de la lumière et du son et Sarah-Ève qui glisse par terre hors de son cercle jusqu’aux quatre coins du théâtre. Une pièce qu’on savoure discrètement dans l’obscurité, une pièce transdisciplinaire, puisqu’au-delà de l’interaction entre des artistes de divers horizons, elle fait fusionner différentes approches pour proposer au public une expérience nouvelle.

Collaboration avec le webzine Ma mère était hipster

Source : Reuters.

Ma mère était hipster, MMEH de son petit nom, est un webzine montréalais que je lis régulièrement depuis quelques temps : cinéma, musique, théâtre, littérature, danse et j’en passe…. Depuis ce matin, j’y contribue pour la section danse. Je continerai par ailleurs à vous parler ici-même du monde de la danse, du mouvement et de l’éducation somatique.

Photo du mois : Cette immense intimité, elle ne tient qu’à un fil

Compagnie Retouramont. Photo : Sarah Langley.

Cette photo est tirée d’une création de la compagnie de danse Retouramont, basée en France. Il s’agit d’un solo interprété par Olivia Cubero et intitulé « Cette immense intimité ». Des images de la danseuse sont projetés sur le mur et modifiées en temps réel par Fabrice Guillot, le chorégraphe.

Les pièces de la compagnie Retouramont sont verticales et investissent des monuments modernes et historiques, des espaces naturels, des murs, des églises, etc.

Vidéo de la semaine : Ordos, paradis rêvé des skateurs

Réalisateur : Charles Lanceplaine

Skaters: Jay Meador, Gustav Nymans, Tommy Zhao, Alexander Hwang, James Capps, Elliott Zelinskas et Brian Dolle

Ordos est une ville en Mongolie Intérieure en Chine. La vieille Ordos, très riche en charbon, en minerais et en cachemire, est à l’origine de la nouvelle ville, construite en 2004 pour abriter les autorités locales et désengorger le centre. Mais, trop chère, « New Ordos » reste désespérément vide : conçue pour un million d’habitants, elle n’en compte que 30 000 pour l’instant. Ce no man’s land, sorte de Dubaï asiatique, étonne par son architecture : immeubles futuristes, théâtre adoptant la forme d’un couvre-chef mongol, musée imitant un bloc de charbon, statues de cavaliers qui veillent sur la ville-fantôme, etc. Ordos est très écologique : milliers d’arbres plantés en pleine steppe, panneaux solaires, deux lignes de bus électriques et gratuites… Et vidéosurveille étroitement chacun de ses 30 000 habitants.

Des skaters ont investi cette drôle de ville et le réalisateur Charles Lanceplaine a immortalisé leur expédition.

Ordos devrait être transformée en ville de résidence artistique et être le lieu d’une création interdisciplinaire in situ géante, avec danseurs, musiciens, skaters, vidéastes…